Le planning familial, pivot de la vie des femmes : l’exemple de Rakiéta Ouédraogo

Parcours de femme

Les « Parcours de femme » sont des portraits de femmes inspirantes, soutenues et accompagnées par nos organisations partenaires
Une bénévole de Marie Stopes International et des femmes avec enfants en arrière plan

Prendre conseil sur les sujets de santé sexuelle et reproductive

Rakiéta Ouédraogo vit à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, dans le quartier pauvre de Bouassa où elle vend des fruits et des arachides. À 23 ans, elle est mariée et mère de deux enfants. Issue d’une famille très nombreuse de 8 enfants, elle souhaite fonder une fratrie de 3 ou 4 au plus. Son activité de commerçante, qu’elle pratique devant sa porte lorsqu’elle a fini de s’occuper de son foyer, lui permet aujourd’hui de participer aux revenus du ménage, pour habiller les enfants, les nourrir, les soigner. Elle aimerait aussi réussir à économiser pour financer une formation de vendeuse en pharmacie. Or avec une famille très nombreuse, cet équilibre serait sûrement remis en question, faute de temps pour exercer son activité.

Pour prendre conseil sur les sujets de santé sexuelle et reproductive et choisir le moyen de contraception qui lui convient le mieux, elle consulte une professionnelle de santé qui travaille comme “MS Lady Communautaire” pour l’association Marie Stopes International. Ces “MS Ladies” sont sages-femmes, infirmières ou auxiliaires de santé. En complément de leurs activités de soins généraux, elles travaillent avec Marie Stopes International qui les forme au planning familial.

Un service de proximité

Une bénévole de Marie Stopes International en consultation avec une autre femme

Pour Rakiéta Ouédraogo, ce dispositif offre un accès simple aux conseils et aux actes médicaux liés à la santé sexuelle et reproductive : « je ne loge pas loin du cabinet de la MS Lady Communautaire, j’y vais souvent pour d’autres soins et c’est comme ça que j’ai su, pendant une discussion de groupe, qu’elle assurait aussi la planification familial ». Pour l’association Marie Stopes, l’enjeu est bien là : profiter de la proximité de professionnelles de santé bien implantées dans les communautés pour toucher toutes les femmes, en particulier dans les quartiers pauvres ou dans les villages les plus difficiles d’accès. Grâce aux MS Ladies Communautaires, les jeunes filles et femmes de tous âges bénéficient d’informations fiables, d’un accès aux divers moyens de contraception, et à des soins professionnels.

Pour aborder tous les sujets, sans tabou

Une bénévole de Marie Stopes International qui présente un guide sur la morphologie de la femme dans un village

Rakiéta Ouédraogo, elle, a choisi l’implant contraceptif. Pour elle, “les mentalités sur la question de la contraception ont évolué positivement. Actuellement, toutes les femmes, même dans les villages les plus reculés, sont informées et sensibilisées. J’encourage toutes mes sœurs à adopter les méthodes contraceptives comme moi car il y a plus d’avantages que d’inconvénients.” Par ailleurs, elle estime que les sujets liés à la santé reproductive sont de moins en moins tabous, même s’ils doivent encore être abordés avec tact et discrétion. Car si Rakiéta décrit son époux comme “un partisan de la planification familiale”, elle admet que ce n’est pas le cas de tous les hommes, “ce qui amène certaines femmes à se cacher”. Avec la MS Lady Communautaire, tous les sujets peuvent être abordés : soins, méthodes de contraception, protection contre les infections sexuellement transmissibles… “Parce-que c’est une femme comme moi”, ajoute-t-elle.

Au Burkina Faso, où chaque jour cinq femmes meurent de complications liées à la grossesse, l’enjeu de la démarche menée par Marie Stopes International et ses MS Ladies est de taille. Il s’agit de lutter contre la mortalité maternelle et les grossesses non désirées. Pour que, comme Rakiéta Ouédraogo, toutes les femmes puissent se protéger, se soigner et choisir si et quand elles souhaitent avoir des enfants.